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18 février 2027 : le rétroplanning réaliste d'une mise en conformité.

L'échéance est connue. Ce qui l'est moins, c'est la durée du chemin qui y mène. Voici le calcul à rebours, avec ses hypothèses, et la date à partir de laquelle démarrer devient tendu.

Neuf mois, et beaucoup moins de marge qu'il n'y paraît

À la date de publication de cet article, il reste un peu plus de quarante semaines avant le 18 février 2027, date à laquelle les batteries LMT, les batteries industrielles de plus de 2 kWh et les batteries de véhicules électriques mises sur le marché de l'Union doivent porter un passeport numérique.

Quarante semaines paraissent confortables. Elles ne le sont pas, pour trois raisons qui n'ont rien à voir avec la difficulté technique du sujet. La première est que le travail n'est pas continu : il alterne des phases où votre équipe produit de la donnée et des phases où l'on attend une réponse extérieure. La deuxième est que ces réponses extérieures viennent de fournisseurs qui n'ont aucune obligation européenne directe et répondent à leur rythme. La troisième est que l'échéance tombe le même jour pour tout le monde : la fin de l'année 2026 sera chargée, chez vous comme chez vos prestataires.

Trois blocs de temps, dont deux incompressibles

Mesurer · trois semaines

Avant de chiffrer quoi que ce soit, il faut savoir ce que l'on détient. Cela suppose de recenser les références concernées et leurs configurations, de passer en revue chaque attribut exigé par le passeport, et de tester la chaîne fournisseurs en la sollicitant réellement. Trois semaines est une durée réaliste pour un industriel de taille intermédiaire, à condition que les documents demandés soient mis à disposition rapidement.

Cette phase produit deux choses : une photographie des données, attribut par attribut, et un plan de remédiation chiffré. Sans elle, on ne peut ni budgéter ni planifier : on peut seulement estimer, ce qui n'engage personne.

Décider · de zéro à deux mois

C'est le bloc que les rétroplannings oublient toujours. Entre la remise d'un plan chiffré et la signature de sa mise en œuvre, il s'écoule un délai de décision : arbitrage budgétaire, validation par le dirigeant, parfois passage en conseil. Ce délai est du temps réel, et il se soustrait de la marge.

Faire · huit à dix semaines

La mise en conformité proprement dite consiste à structurer les données selon le schéma du passeport, attribuer l'identifiant unique, générer le code QR, publier la page passeport accessible publiquement, préparer la connexion au registre européen et prendre en main l'outil qui hébergera tout cela. Huit à dix semaines, selon l'ampleur des trous révélés par la mesure.

Ce bloc contient un sous-délai qui n'est pas maîtrisable : la collecte auprès des fournisseurs. Relancer un fournisseur de cellules, obtenir une déclaration d'empreinte carbone ou une attestation de contenu recyclé se compte en semaines, pas en jours. C'est le chemin critique de tout le projet.

Le calcul à rebours

Deux jeux d'hypothèses. L'hypothèse favorable suppose une publication du passeport six semaines après le lancement de la mise en conformité et un projet de huit semaines au total ; l'hypothèse prudente retient huit semaines jusqu'à la publication et dix semaines au total.

Étape, à rebours du 18 février 2027Hypothèse favorableHypothèse prudente
Passeport publié et code QR remis Mise en conformité lancée au plus tard le 7 janvier 2027 Lancée au plus tard le 24 décembre 2026
Mise en conformité entièrement achevée, session de validation comprise Lancée au plus tard le 24 décembre 2026 Lancée au plus tard le 10 décembre 2026
Relevé de vos données et paramétrage de vos premiers modèles Décision prise au plus tard le 3 décembre 2026 Démarré au plus tard le 19 novembre 2026

Ces dates supposent une décision immédiate au vu du premier relevé, aucun jour de battement entre les phases, et ne tiennent compte ni des congés de fin d'année ni des délais de mise à disposition des documents côté client. Autrement dit : la marge réelle est plus courte que ce que le tableau affiche.

Ce que le tableau ne dit pas

  • Les congés. Entre le 20 décembre et le 5 janvier, une chaîne fournisseurs européenne et asiatique fonctionne au ralenti. Une relance envoyée le 22 décembre est lue le 6 janvier.
  • Les délais internes. Réunir les nomenclatures, les certificats fournisseurs et les rapports d'essais mobilise des personnes qui ont un autre métier. Chaque semaine de retard sur ces transmissions décale l'ensemble d'autant.
  • Les fournisseurs silencieux. Une première sollicitation qui reste sans réponse ne coûte pas seulement une relance : elle coûte le temps de la relance, plus le temps de la réponse, plus le temps de la qualification de ce qui revient.
  • L'effet d'échéance. Plus on approche de février 2027, plus les fournisseurs de cellules reçoivent de demandes identiques, et plus leurs délais de réponse s'allongent. Le temps ne se contente pas de passer : il se dégrade.

La date où cela devient tendu

La conclusion défendable est simple. Un chantier lancé après la mi-novembre 2026 ne laisse plus de marge pour un achèvement complet avant l'échéance dans l'hypothèse prudente. Si l'entreprise s'accorde en plus quelques semaines de réflexion entre le plan chiffré et sa mise en œuvre, ce point de non-retour remonte d'autant, jusqu'à début novembre, voire mi-octobre.

Ce n'est pas une fatalité, et ce n'est pas non plus un argument de vente. C'est un calcul, avec ses hypothèses posées, que n'importe qui peut refaire avec les siennes. Un industriel qui n'a qu'une référence concernée, dont les fournisseurs sont européens et coopératifs, ira plus vite. Celui qui a douze configurations, trois fournisseurs asiatiques et aucun essai réalisé sur système ira plus lentement.

Si vous démarrez tard

Commencer en retard n'est pas commencer pour rien. Deux principes permettent de rattraper une partie du terrain.

Le premier est de trier par exposition commerciale plutôt que par exhaustivité. Toutes vos références ne seront pas mises sur le marché le 18 février 2027 : traitez d'abord celles qui le seront, et celles qui figurent dans des appels d'offres en cours. Les autres suivront.

Le second est de lancer la sollicitation des fournisseurs le plus tôt possible, avant même de savoir précisément ce qui manque. C'est le seul délai que vous ne contrôlez pas ; le mettre en route en premier est le seul levier réel sur la durée totale. Le reste (structuration, identifiants, publication) dépend de vous et de votre prestataire, donc se planifie.

Pour savoir quelles références sont réellement concernées, voir notre article sur le champ d'application ; pour savoir quelles données seront demandées et qui les détient, voir la revue des attributs obligatoires.

Ce que Seqo fait sur ce point. La liste des documents à demander à votre fournisseur de cellules et le courrier de demande vous sont remis dès le diagnostic, de sorte que le délai fournisseur commence à courir tout de suite. Nous ne garantissons pas votre conformité, qui reste la vôtre. Nous nous engageons sur la publication.

Sources

Prochaine étape

Votre premier passeport, publié et scannable.

Montrez-nous une de vos références : nous vous montrons à quoi ressemblera son passeport, ce qui manque pour y arriver, et comment nous nous en occupons.